
Le Pin
Au XVIIIè siècle, pour fixer les dunes et assécher les marais, on planta des millions de pins dans les Landes devenant la plus vaste forêt européenne.
1. Le gemmage
Si le gemmage est aujourd’hui tombé en dessuétude, il est bon de rappeler en quoi il consistait. Dans les Landes, traditionnellement, pendant deux siècles, les gemmeurs opéraient de la façon suivante sur les pins maritimes de plus de 15 ans (plus de 60 cm de circonférence) : de mars à octobre, avec une hache recourbée nommée hapchot, ils pratiquaient à hauteur d’homme une entaille de 10 cm de large et de 1 cm de profondeur (la carre) sur le tronc des arbres.
La résine qui s’écoulait était recueillie dans un pot vernissé fixé au bas de la carre, guidée par une lamelle de zinc, le crampon.
Cette résine, nommée gemme, purifiée par filtration, décantation et fusion, donne naissance à la célèbre essence de térébenthine ainsi qu’à des sous-produits : la poix, la colophane et le goudron végétal. Les usages industriels de cette essence ne doivent pas faire oublier les utilisations thérapeutiques.
2. Les différentes espèces de pins
On dénombre plusieurs centaines d’espèces de pins parmi lesquelles :
- Le pin maritime des Landes, dont nous venons de parler, atteint 30 m de haut et se retrouve jusque sur le littoral de la mer du Nord.
- Le pin parasol, à la cime très étalée, commun en méditerranée, donne les fameux pignons utilisés dans la confiserie.
- Le pin d’Alep, plus petit (10 à 15 m) et à la cime arrondie, forme des pinèdes également dans la zone méditerranéenne.
- Le pin Cembra est commun dans les Alpes et en Italie où il pousse spontanément entre 1 400 et 2 500 mètres d’altitude.
- Le pin noir d’Autriche, encore appelé pin de Corse, très rustique, pouvant s’élever à 45 m de haut, sert aux reboisements en toutes régions.
- Le pin des montagnes, à cime pyramidale, s’élevant à 25 m de haut, est commun dans les rochers et tourbières jusqu’à 2 300 m d’altitude.
- Le pin sylvestre (Pinus sylvestris) est celui qui nous intéresse le plus car ce sont ses aiguilles qui sont récoltées pour fabriquer l’huile essentielle, ainsi que ses bourgeons, très précieux en phytothérapie.
C’est un bel arbre pyramidal pouvant atteindre 30 m de haut, commun dans toute l’Europe aussi bien en plaine qu’en montagne (jusqu’à 2 200 m), supportant bien le froid (jusqu’à - 40°). Ses feuilles persistantes sont des aiguilles de 5 cm et ses fleurs sont groupées en chatons, donnant des pignes à l’automne. Les graines ovoïdes sont prolongées par de fines ailes. Au printemps naissent à l’extrémité des rameaux des petits bourgeons regroupés à 5 ou 6 autour d’un plus gros, tous de forme cônique, exsudant une résine jaune, aromatique.
3. Composition
- Pinène.
- Sylvestrène, limonène, phellandrène, cadinène, dipentène.
- Acétate de bornyle.
- Hétéroside : coniféroside.
- Polyol : pinitol.
- Acide coniférylique, acide junipérique, acide sabinique.
- Carotène.
- Quercitroside.
4. Propriétés et indications
- Antiseptique pulmonaire.
- Fluidifiant des sécrétions bronchiques.
- Expectorant.
- Pectoral.
- Antiseptique urinaire.
- Stimulant des corticosurrénales.
- Diurétique.
- Antiseptique, résolutif (usage externe).
- Bronchite, pneumonie.
- Grippe, rhume.
- Toux.
- Sinusite.
- Trachéite.
- Asthme.
- Cystite.
- Urétrite.
- Prostatite.
- Colibacillose.
- Maladies infectieuses en général.
- Maldies purulentes.
- Engorgement de l’organisme.
- Bronchites : en friction et inhalation (usage externe).
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